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Quelle que soit leur étiologie, les plaies chroniques constituent un problème médical et socio-économique croissant qui affecte des personnes dans les pays développés comme dans ceux en voie de développement. Les causes sont multiples mais elles sont principalement associées à la hausse de la prévalence du diabète, de l’obésité, de l’inactivité physique, et aussi des maladies vasculaires. Du point de vue des plaies chroniques,  l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) est un facteur aggravant, compliquant le traitement et la prise en charge efficaces des plaies d’étiologie diverses.

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Grâce à ce blog, vous en apprendrez davantage sur :

  • Les plaies chroniques.
  • La prévalence, les facteurs de risque et les coûts associés aux plaies chroniques.
  • Le rôle de l’IPS dans le soin des plaies.

En quoi consistent les plaies chroniques ?

La définition exacte d’une plaie chronique varie selon diverses organisations médicales nationales et internationales, mais toutes s’accordent à parler d’une plaie qui ne cicatrise pas sur un laps de temps prévisible. Lorsqu’il s’agit de définir la nature précise d’une plaie chronique, le coeur du problème consiste à déterminer la durée acceptable [1]. Les intervalles publiés sont compris entre quatre semaines et trois mois, une source d’incertitude pour les cliniciens qui retarde également la mise en place de traitements adaptés, diminuant leur efficacité et augmentant les risques de complications [1, 2].

Quelle que soit leur définition exacte, l’étiologie des plaies chroniques a fait l’objet de recherches approfondies, tout comme leurs causes et la complexité de leur traitement. Une revue de plusieurs études épidémiologiques à grande échelle a révélé que les ulcères veineux représentent la majorité des  cas (72 %), suivis par les ulcères d’insuffisance artérielle (ulcères ischémiques) avec une prévalence comprise entre 10 et 30 %, puis par les ulcères neuropathiques en troisième place (concernant 15 à 25 % de tous les cas diagnostiqués) [3]. La liste des plaies chroniques inclut également les ulcères lymphatiques et infectieux, bien qu’il s’agisse d’une infime minorité des plaies recensées [3]. Les lecteurs avisés noteront que la somme de cess pourcentages dépasse les 100 % : c’est parce qu’ils peuvent survenir simultanément, retardant le diagnostic et le traitement et faussant les estimations précises de la prévalence.

Quelle est la prévalence et le coût associé aux plaies chroniques ?

La prévalence des plaies chroniques est intimement liée aux facteurs de risque connus, notamment le tabagisme, le diabète, et l’AOMI qui se situe à la croisée des deux premiers facteurs. Les estimations sont imprécises pour le moment, mais une revue a révélé des taux de prévalence compris entre 0,12 % et 1,1 % de la population, avec des taux d’ulcères ouverts et guéris atteignant jusqu’à 1,8 % [4].

La stratification varie fortement selon les différents pays. Une étude menée en Irlande sur 389 patient a révélé une prévalence globale de 0,12 % mais celle-ci passait à 1,03 % chez les personnes âgées de 70 ans et plus [5]. Une étude de population en Suéde  a déterminé la prévalence des ulcères ouverts à 0,63 %, et l’ antécédent d’ulcères à environ 2 % [6]. En Inde, les estimations tournent autour de 0,45 %, même si ce chiffre découle d’une seule étude et qu’il surement sous-estimé [7].

De la même façon, les données des États-Unis sont partielles. En 2018, 8,2 millions de patients au minimum étaient atteints de plaies chroniques, contre 6,5 millions de personnes en 2009. Cependant ces chiffres intègrent uniquement les bénéficiaires du programme d’assurance maladie national (Medicare), en excluant les personnes assurées auprès d’autres compagnies d’assurance ou ne bénéficiant d’aucune couverture santé [8]. Il n’existe pas non plus de chiffres globaux concernant les coûts associés au traitement de ces personnes. Mais le programme Medicare a, à lui seul, versé entre 28,1 milliards et 31,7 milliards de dollars américains pour la seule année 2014 [8]. Le traitement des ulcères artériels s’est révélé le plus coûteux avec 9 105 dollars par patient en moyenne, pour 1 252 dollars en moyenne pour les ulcères veineux [8]. Cette différence est peu  surprenante dans la mesure où les  traitements diffèrent et peuvent s’exclure mutuellement chez les patients atteints d’une forme avancée de la maladie (particulièrement pour l’AOMI).

Comment utiliser l’IPS pour le soin des plaies ?

La différenciation entre les deux types d’ulcères peut se révéler difficile sans les outils de diagnostic appropriés, qui aident les cliniciens à identifier la cause sous-jacente de la plaie. Il existe plusieurs méthodes, mais aucune n’est aussi abordable et pratique que l’évaluation de l’IPS (indice de pression systolique). En effet, les plaies artérielles sont causées par l’AOMI. Cette pathologie est souvent asymptomatique et son diagnostic passe par une évaluation de l’IPS [9-13].

L’IPS est le rapport  entre la pression artérielle mesurée à la cheville et dans le bras. Il se révèle fort différent chez les personnes avec des artères saines mais présentant des problèmes veineux, et chez ceux atteints d’AOMI. Cela  en fait un indicateur de premier choix concernant l’étiologie des ulcères. Les personnes atteintes des deux types d’ulcères présentent également des valeurs intermédiaires, nécessitant une approche thérapeutique complète et équilibrée [14]. La réponse à la question « Est-il possible de mesurer l’IPS chez les patients présentant des plaies ? » est donc un OUI retentissant, et il s’agit de la raison pour laquelle cette mesure a été (et reste encore aujourd’hui) utilisée dans le cadre de nombreuses études épidémiologiques (et d’autres recherches) concernant l’ulcération des membres inférieurs. Parmi ces recherches figure une étude Inde, dont le but était d’évaluer l’association entre un IPS anormal et les issues cliniques chez les patients atteints d’ulcères des membres inférieurs [15].

Cette étude a révélé que 84 % des ulcères examinés étaient d’origine vasculaire, et que 52 % d’entre-eux étaient des ulcères artériels : un contraste saisissant avec la prévalence mondiale estimée entre 10 et 30 % [15]. En outre, les chercheurs ont remarqué que la majorité de ces patients avaient des antécédents de tabagisme, élément peu surprenant au vu de l’implication de ce facteur dans le risque d’AOMI. Ces résultats encourage au dépistage préventif de l’AOMI, particulièrement dans les groupes à risque [16-20].

L’utilisation de la mesure de l’IPS dans le cadre de l’évaluation des plaies chroniques devrait constituer une étape préliminaire avant de décider du traitement approprié, notamment dans les cas d’ulcères présentant une étiologie mixte.

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